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Veille réglementaire

Souveraineté numérique : l'usage prime sur le drapeau selon les DSI

Rédaction Certyneo·

Une étude Lecko/Ipsos 2026 montre que seuls 12 à 16 % des utilisateurs citent la souveraineté comme critère de choix de leurs outils collaboratifs.

Souveraineté numérique : l'usage prime sur le drapeau selon les DSI

Depuis plusieurs années, la souveraineté numérique occupe une place centrale dans les discours politiques et industriels en France et en Europe. Pourtant, sur le terrain, la bascule effective vers des solutions souveraines tarde à se matérialiser. C'est le constat posé par un article du Journal du Net publié le 13 août 2026, qui interroge l'écart persistant entre les ambitions affichées et les pratiques réelles des organisations.

Un consensus politique qui ne se traduit pas en adoption

Les tensions géopolitiques et la concurrence des acteurs numériques mondiaux ont placé la souveraineté au cœur des agendas. Pourtant, organisations publiques comme privées continuent de s'appuyer largement sur des technologies développées hors d'Europe, y compris dans des environnements sensibles. L'article souligne que les discussions publiques se concentrent principalement sur l'offre — en valorisant des solutions et des initiatives industrielles souveraines — sans pour autant lever les freins à l'adoption.

Ce que disent les chiffres : l'usage avant tout

Une étude menée par Lecko et Ipsos en 2026 apporte un éclairage chiffré décisif. Seuls 12 % des utilisateurs du secteur public et 16 % du secteur privé déclarent la souveraineté comme un critère de choix pour leurs solutions collaboratives. À l'inverse, plus de 60 % des utilisateurs choisissent avant tout les outils qui correspondent le mieux à leur manière de travailler, en privilégiant la simplicité de prise en main et la bonne intégration à l'environnement existant.

Ces données invalident l'idée selon laquelle les DSI seraient indifférents ou peu informés sur le sujet souveraineté. Ils font face à des contraintes opérationnelles concrètes : fortes résistances des utilisateurs à la rupture d'habitudes, risques de perturbation des processus de travail, et manque de temps pour accompagner tout changement d'outillage.

La responsabilité des éditeurs souverains en question

L'article pointe une responsabilité qui incombe en premier lieu aux éditeurs de solutions souveraines. Si les utilisateurs ne s'adapteront pas spontanément, c'est aux offreurs de garantir une continuité fonctionnelle et de minimiser les frictions liées au changement. La messagerie électronique est citée comme un cas emblématique : sortir des solutions dominantes comme celle de Microsoft suppose que l'alternative souveraine offre une expérience au moins équivalente, sans rupture perceptible pour l'utilisateur final.

Ce que cela implique pour les décideurs IT

Pour les DSI, ce constat redéfinit la façon d'aborder un projet de migration vers des outils souverains. La conformité réglementaire ou l'origine géographique d'un éditeur ne suffisent pas à emporter l'adhésion interne. La priorité doit être donnée à l'expérience utilisateur, à la gestion du changement et à la compatibilité avec les flux de travail existants. Sans ces fondations, même les solutions les mieux labellisées resteront sous-adoptées.

Source : https://www.journaldunet.com/solutions/dsi/1553651-souverainete-numerique-pourquoi-le-drapeau-ne-suffit-plus-face-a-l-usage/

Source : https://www.journaldunet.com/solutions/dsi/1553651-souverainete-numerique-pourquoi-le-drapeau-ne-suffit-plus-face-a-l-usage/