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Veille réglementaire

Projets IT : la gouvernance sait lancer, rarement arrêter

Rédaction Certyneo·

L'analyse du panorama DINUM révèle une asymétrie structurelle : aucune valeur officielle ne désigne l'arrêt d'un projet numérique public.

Projets IT : la gouvernance sait lancer, rarement arrêter

Un article du Journal du Net publié le 1er septembre 2026 pose une question que peu de DSI osent formuler ouvertement : pourquoi les organisations savent-elles décider qu'un projet démarre, mais jamais qu'il s'arrête ?

Un portefeuille public révélateur

Depuis novembre 2016, la DINUM publie deux fois par an le panorama des grands projets numériques de l'État. Ce portefeuille recense tous les projets dépassant neuf millions d'euros, avec leur coût estimé, leur durée prévisionnelle et leur phase en cours. Vingt-deux parutions, en accès libre. C'est, selon l'article, probablement le portefeuille de projets le plus transparent de France.

Sur les cent soixante-seize projets qui y ont figuré, cent dix-sept en sont sortis — sans que, pour deux d'entre eux, aucune parution n'ait jamais indiqué ce qu'ils étaient devenus.

Une colonne qui ne connaît pas l'échec

Le détail révélateur se trouve dans la structure même du jeu de données. La colonne décrivant l'avancement n'admettait que sept valeurs : cadrage, expérimentation, conception et réalisation, recette, déploiement, déploiement avec bilan intermédiaire, terminé. Aucune ne désigne un arrêt. Le seul état terminal disponible dans ce portefeuille était la réussite. Depuis juin 2025, la colonne a disparu du jeu de données : il n'y a plus de phase du tout.

Cette absence n'est pas anodine. Elle matérialise ce que l'article appelle une gouvernance à sens unique : le dispositif réglementaire impose un avis conforme de la DINUM avant tout lancement au-dessus du seuil de neuf millions d'euros, mais aucune obligation symétrique n'existe pour décider l'arrêt.

Le cas SI-Samu : cinq ans après la demande d'arrêt

L'article illustre cette mécanique avec le programme SI-Samu, dédié à la modernisation des systèmes d'information des SAMU. Entré au panorama en novembre 2016 pour 59 millions d'euros sur 4,3 ans, le projet atteint 109 millions deux ans plus tard. Les montants cessent ensuite d'être publiés pendant six parutions consécutives. Ils réapparaissent en novembre 2021 à 204 millions, stagnent autour de 218 millions pendant quatre ans, puis doublent en juin 2025 à 474 millions. La durée prévisionnelle passe de 4,3 ans à 17,3 ans.

Pourtant, dès avril 2016, la DINUM signale que l'accumulation des difficultés rend l'aboutissement incertain. En 2019, elle qualifie le niveau de risque de maximal. Le 9 mars 2020, elle demande explicitement l'arrêt du programme et la reconstruction d'un projet maîtrisable. En octobre de la même année, la Cour des comptes le décrit comme long, coûteux et risqué. Cinq ans plus tard, le SI-Samu figure toujours au panorama, à huit fois son estimation initiale.

Ce que cela implique pour les DSI

L'article précise que ce problème n'est pas que celui de l'État. L'asymétrie entre la procédure d'engagement et l'absence de procédure d'arrêt est une réalité organisationnelle que les décideurs IT du secteur privé reconnaîtront. Les projets ne sont pas arrêtés : ils disparaissent, ou ils survivent indéfiniment. Construire une gouvernance de portefeuille qui traite l'arrêt comme une décision légitime — et non comme un aveu d'échec — est un enjeu de maturité IT autant que de rigueur budgétaire.

Source : https://www.journaldunet.com/solutions/dsi/1554155-on-sait-decider-qu-un-projet-demarre-pas-qu-il-s-arrete/

Source : https://www.journaldunet.com/solutions/dsi/1554155-on-sait-decider-qu-un-projet-demarre-pas-qu-il-s-arrete/

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